Fatoumata KANE

Haïti : L’apocalypse où la vie

Le soleil se couche

Sur un temps apocalyptique

Une fraction de minute a suffi

Pour que tout soit soufflé

Un nuage de poussière

Des visages hagards

Des corps à perte de vue

Un temps apocalyptique

Que s’est-il donc passé ?

La terre a tremblé et englouti

Au hasard,

Villes et villages

Que s’est-il donc passé ?

La surprise est totale

Les dégâts horribles

Et incommensurables

Haïti, une fois de plus,

Bafoué par les outrages de la nature

Semble errer dans une terrible solitude

Malgré les aides, malgré les incessants

Va-et-vient des sauveteurs,

Le pays est accablé par trop d’horreurs

Une fraction de minute a suffi pour tout remettre en cause

Peuple stoïque depuis des siècles,

Confronté à l’âpre dureté de la vie

Au douloureux appel de la matrice jamais oubliée

Peuple en perpétuelle souffrance,

De grâce, coupe le cordon

De grâce autorise-toi à conjurer le sort

Fais appel aux divinités des ancêtres,

Au Dieu unique des monothéistes,

Au pouvoir de l’esprit,

Mais de grâce, octroie-toi le droit

D’exister, le droit de vivre heureux

Sur cette terre qui est tienne.

Fatoumata KANE – Janvier 2010