Fatoumata KANE

Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA

Le 1er décembre est là avec ses habituelles manifestations de lutte contre la pandémie du Sida. Depuis plus de deux décennies se sont les mêmes slogans que l’on nous sert, avec très peu de conviction au vu des résultats obtenus, en termes de prévention et malheureusement aussi en termes de perte en vies humaines.

Le drame est là, implacable, vingt-cinq millions de morts en vingt-six ans.

Il y a certainement un grave problème de communication dans la gestion de cette pandémie qui a fait, que les messages n’étaient pas porteurs, ou alors, un manque de rigueur terrible de la part des populations, ou peut-être les deux.

Tout se qui est lié à la sexualité est délicat, nous savons bien que la transmission sexuelle est le premier vecteur de propagation de cette maladie. Les comportements à risque semblent ne pas avoir diminué, pour quelle raison ? Seules des études sociologiques sur le long terme pourraient nous éclairer sur ce déni humain qui fait que la multiplicité des partenaires est toujours de rigueur ainsi que les relations sexuelles non protégées. Sinon comment expliquer le nombre de 33,4 millions de personnes vivant avec le VIH SIDA et la contamination annuelle de 2,7 millions ?

Les gens n’ont plus peur du virus du sida, surtout depuis qu’ils se rendent compte que les antirétroviraux sont plus inoffensifs, mieux tolérés et peuvent prolonger la vie. C’est une évolution dont il faut évidemment se réjouir, mais doit-on pour autant courir le risque de se contaminer et surtout de contaminer son, sa ou ses partenaire (s) juste parce que l’on pense que l’on ne meurt plus de Sida, ce qui d’ailleurs est complètement erroné.

Nous voyons que les grandes institutions mettent aujourd’hui l’accent plus sur le traitement que sur la prévention, ce qui montre effectivement les limites de cette dernière depuis un quart de siècle. La prévention de la transmission mère-enfant est une source de préoccupation permanente. L’Afrique est le continent le plus touché par cette pandémie mais aussi le continent qui a le plus de difficulté à accéder au traitement du fait du manque crucial de moyens. Très peu de malades bénéficient de la gratuité du traitement, le VIH Sida est la principale cause de décès des femmes en âge de procréation du fait d’une négligence dans le comportement et d’un manque d’éducation. Pourtant les campagnes de sensibilisation sont faites dans les villages les plus reculés, tout le monde connait la maladie et les modes de contamination, mais chacun pense que ça n’arrive qu’aux autres. L’incitation à faire des tests de dépistage pour bénéficier d’un traitement précoce, a également montré ses limites du fait de même esprit de déni.

Nous avons l’impression, que pour ce qui est de l’Afrique, trop de malheurs ont fini par banaliser le malheur. Toute notion de refus, de sursaut, semble collectivement inexécutable.